Etre mère, c’est aussi souffrir #2

Les vacances scolaires sont l’occasion pour les enfants et les grands parents de se retrouver pour un petit séjour (c’est d’autant plus vrai quand la distance sépare la famille).

Cette année ma grande avait décrété depuis longtemps qu’elle irait chez ses grands parents (mes parents). Quand les autres grands parents (mes beaux parents) ont émis le souhait, eux aussi, d’avoir un enfant en vacances chez eux, j’ai proposé à mon 2ème d’y aller. Mes 2 grands se retrouvent donc chacun chez des grands parents différents à 30 km de distance.

Il est convenu que mes beaux parents, qui sont de sortie le samedi soir, déposeront mon fils chez mes parents, où il retrouvera sa soeur pour le week end.

En théorie.

Au moment de partir, on nous annonce alors qu’il n’ira pas chez ses autres grands parents le samedi, que « c’est bon, on gère, on a trouvé un baby sitter ». Un peu abasourdie, je réponds que je ne le connais pas et que je n’ai pas pour habitude de confier mes enfants à un baby sitter. Et puis que je ne le connais pas. Et puis que, non, on peut me le décrire en long et en travers, je ne le CONNAIS PAS.

Nous sommes pressés, il y a du monde autour, je repars en colère.

Et je ne digère pas.

J’ai l’impression d’avoir pris une claque.

Dans ma tête tourne des idées complètement farfelues, peut être tout droit sorties des faits divers que j’ingurgite à longueur de temps entre les journaux télévisés et papier et les histoires sordides qui sont publiées sur les réseaux sociaux. Parce qu’il faut avouer qu’on n’est pas aidés de ce côté là. Le sordide et l’horreur ont envahi nos vies… Et s’il était pédophile? et si la maison prend feu, est il capable d’appeler les pompiers? si mon fils s’étouffe, connait-il les gestes de 1er secours? va t-il rester jusqu’au bout ou bien s’enfuir au milieu de la nuit pour aller en boite? Ne va t-il pas inviter ses copains à la maison pour fumer et boire?

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Pendant 2 jours je ne vais penser qu’à ça. Et quand j’y pense j’ai envie de pleurer. Ca me prend à tout moment. Je n’ai même plus envie de répondre au téléphone, même quand ma belle mère m’appelle.

Mon homme ne comprend pas pourquoi je fais tout ce « cinéma ». Il ne cherche meme pas à apaiser ma douleur en se renseignant sur la durée de la soirée, l’éloignement, ni même sur le « baby sitter ». Il ne m’autorise pas à appeler son père car, pour lui, je cherche juste les ennuis, je m’en prends à sa famille et je m’acharne contre eux.

Je dois être folle, voire même complètement névrosée. Je psychote.

Voilà 3 jours maintenant que j’erre tel un zombie. Je pense annuler notre week-end en amoureux, pour aller chercher mes enfants ou tout simplement parce que je n’en n’ai plus envie.

Je ne peux pas rester comme ça. Je souffre et je suis seule. Je ne prends même plus de nouvelles de mes enfants de peur de m’effondrer devant eux. Finalement je vais prendre mon téléphone et appeler ma belle mère pour lui poser ces questions qui me hantent.

« bonjour, S. va bien? que fait-il? où est -il? »

« il va bien et toi? »

« moi non, mais on en reparle après? »

« qu’est ce qui ne va pas? je me doutais bien de quelque chose, c’est quoi? »

Il ne m’en faudra pas plus pour que je sorte, entre mes larmes, toutes mes inquiétudes, interrogations et ma rancoeur. Ce n’est surement pas agréable en face de se rendre compte à quel point on ne vous fait pas confiance, mais tant pis. Je leur ai confié mon enfant, je ne leur ai pas donné avec l’autorisation de prendre ma place de parent.

Le dialogue m’ aura fait du bien, je suis moins angoissée et je sais maintenant que je peux leur demander de reprendre les plans initialement prévus si je ne suis pas assez confiante.

C’était juste une prise de tête qui s’ajoute aux autres pour nous rappeler qu’être parent c’est aussi souffrir de temps en temps.

 

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2 commentaires

  1. Comme je te comprends… Moi qui n’arrive déjà pas à confier mon bouchon… qui ne l’ai confié que 2-3 fois une poignée d’heures à mes parents… J’ai été baby sitter, j’ai commencé j’avais 14 ans, et avec du recul je me dis que c’était tellement tôt! J’avais beau garder mes 3 frères depuis que j’avais 12 ans… finalement aurais je su réagir en cas de souci ?
    Je pense que oui c’est une histoire de confiance, mais a ta place j’aurais aussi été mal, car j’aurais eu besoin qu’on me demande mon avis, car ce sont TES enfants. Je t’envoie de gros bisous de réconfort ❤

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